Programme de créations en ligne

Une Trêve

Une exposition de Fabrice Pichat
mise en ligne le 18 mars 2010
dans le cadre de
le 01 janvier 1970

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Réalisée spécifiquement dans le cadre de cette invitation, la vidéo ci-contre est une mise en scène de l’installation de l’une des œuvres de Fabrice Pichat intitulée « Trêve », qu’il fut décidé de ne pas exposer au Générateur. 

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L’œuvre en question se présente sous la forme d’une table jonchée d’objets pour la plupart modifiés préalablement par l’artiste, qui sont animés par un ventilateur en marche à l’angle du plateau. Son installation consiste essentiellement à trouver pour chacun des objets le juste emplacement, lequel dépend à la fois du volume, du poids, de la forme, et de la distance de l’objet par rapport au ventilateur ; une fois l’emplacement trouvé, l’objet se met à décrire un mouvement, toujours le même, invariablement. 

Dans l’espace en ligne, « Trêve » trouve non seulement un espace de monstration, mais surtout, elle adopte une forme inédite, que le mode de présentation expositionnel n’aurait pu permettre : de l’œuvre en effet, est rendu visible le processus même qui précède son existence comme dispositif sculptural autonome. 

La vidéo n’est ni une œuvre d’art en tant que telle, ni même une documentation : disons qu’elle forme plutôt, dans l’attention qu’elle porte au processus de mise en œuvre au détriment de l’œuvre elle-même, notre réponse à la question que l’invitation soulevait nécessairement : Comment passer de l’espace physique à l’espace en ligne ? 

L’espace en ligne, par rapport à l’espace physique du lieu d’exposition, constitue une sorte de hors champ atemporel. En mettant l’accent sur le processus d’installation, la vidéo nous livre un ensemble de gestes qui pourraient être répétés à l’infini, et par là assouplir l’autorité du format d’exposition, qui a pour caractéristique d’arrêter la forme. 

Filmée en plongée et en temps réel, la scène montre trois protagonistes qui, à la manière des joueurs d’un jeu de stratégie, investissent la surface de la table devenue une sorte de « territoire » à occuper. Chacun de leurs gestes, d’abord précipités, sont autant d’instants cruciaux qui orientent l’évolution et donc le résultat formel de l’œuvre, lequel réside, non sans humour, dans l’acte de « placement ». 

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